Flight **** 1/2 (2012) – Robert Zemeckis

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On avait quelque peu perdu de vue Robert Zemeckis depuis qu’il avait décidé de se lancer avec plus ( Le Pôle Express) ou moins (Scrooge) de bonheur dans le cinéma d’animation. Pourtant la simple évocation de son nom fait frissonner des millions de jeunes adultes qui ont grandit et rêvé avec ses films, notamment la mythique trilogie du Retour vers le Futur.
Avec Flight, Robert Zemeckis ne se contente pas de signer un sympathique retour qui ravira ses fans et qui lui permettra de regagner un peu de crédit à Hollywood. Flight est un très grand film, peut être son meilleur, en tout cas un film majeur dans sa filmographie.
La trame de départ de Flight est tirée d’une histoire vraie, celle du Commandant Piché (Le 24 août 2001 et après un vol plané de 20 minutes, il était parvenu à poser sans faire la moindre victime, un Airbus A330 dont les moteurs ne fonctionnaient plus ). Cette histoire avait par ailleurs déjà été adaptée en 2010 par le cinéma québécois avec le film, « Piché : entre ciel et terre »
La ressemblance avec cette histoire s’arrête toutefois là. Ce que nous montre Zemeckis ce n’est pas un héros sans peur et sans reproche mais bel et bien un homme cassé, alcoolique, drogué qui bien malgré lui s’est retrouvé propulsé au rang de héros après son atterrissage miraculeux.

Flight

C’est en devant affronter la presse et les enquêteurs de l’aviation civile que Whip Whitaker va devoir faire face à lui-même, affronter ses mensonges et ses addictions. Cet homme qui arrivait toujours à sauver les apparences, à mentir aux autres et à se mentir à lui-même, n’aspirait pas un seul instant à devenir un héros. D’autant plus qu’il sait que l’enquête en cours finira par révéler qu’il était bien sous l’emprise de la drogue et de l’alcool lors de ce vol. Alors même qu’il a réussi là où tous les autres pilotes auraient échoué et que sa responsabilité dans le crash n’est absolument pas engagée, il sait que cette révélation mettra fin à sa carrière et qu’il passera quelques longues années en prison.

 


Cela aurait pu donner lieu à un film très moralisateur, très américain en ce que l’amérique rafolle de ces destins et de ces grandes histoires de rédemption. Sauf que Zemeckis qui n’avait pourtant pas l’image d’un réalisateur particulièrement enragé et subversif a manifestement décidé de se lâcher. Whip n’entend pas assumer toutes ses fautes et devenir un modèle de vertu. Il est alcoolique, drogué, menteur et compte sur l’avocat du syndicat des pilotes pour le tirer de ce mauvais pas. Whip est un homme brisé qui essaie de vivre et de donner le change comme il le peut, sa femme l’a quitté, son fils ne veut plus lui parler et l’alcool et la drogue sont clairement le dernier point de passage avant le suicide.
Sur son chemin, Whip croisera la route de la sublime Kelly Reilly, elle aussi droguée et alcoolique dont le cas semblait plus désespéré mais à laquelle le film réservera pourtant un bien meilleur sort.
Il est difficile d’en dire plus sans trop en dévoiler. Je pensais voir un film au traitement assez classique et à la morale irréprochable et la surprise a été totale et réjouissante. Donc un seul conseil : allez le voir et je serai ensuite ravi d’en débattre sur cette page.
Un mot quand même sur Denzel Washington qui est absolument parfait dans ce rôle et arrive même à être très touchant. On ne l’a peut être même jamais jouer avec autant de sobriété et de fragilité. C’est en tout cas de mon point de vue son meilleur rôle.

La bande annonce

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