[CRITIQUE] The Future (2011) – Miranda July ⭐⭐⭐⭐☆

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Un couple de trentenaire vivant à Los Angeles, prend peur en réalisant  quelles seront les contraintes imposées par l’adoption d’un chat malade. Ils décident de démissionner de leur job  (lui dépanne des pc par téléphone, elle est professeur de danse pour des petites filles) monotone et de profiter du mois qu’il leur reste avant sa sortie de la clinique vétérinaire.

En 2005, Miranda July  réalisait son premier film « me and you and everyone we know » qui rencontra un grand succès critique et lui vaudra d’être considérée comme l’une des réalisatrices les plus importantes du cinéma indépendant US.

Actrice/réalisatrice/ scenariste, elle remporte la caméra d’or au festival de Cannes et le grand prix spécial du jury au festival de Sundance mais impose surtout un style unique, délicieusement décalé à la fois poétique et irrévérencieux.

C’est le genre d’univers auquel je suis particulièrement sensible et j’aime quand un film m’embarque, me charme immédiatement, s’imposant à moi comme une évidence sans que je puisse deviner la recette.

Avec ce ton si particulier et en choisissant un élément déclencheur original, « The future » parle de la peur de l’engagement mais surtout du sentiment de perte de sa liberté et du renoncement à ses rêves.

Sophie  (Miranda July) et Jason  (Hamish Linklater) se donnent un mois pour profiter pleinement de leur liberté, trouver leur voie, quitter des jobs dans lesquels ils s’ennuient et n’ont aucune perspective d’évolution.
L’arrivée differee de ce chat est vécue comme un dernier sursis accordé pour sortir de leur routine.

Pour autant, tous les deux étant des rêveurs, ils n’ont pas d’autre projet que de se laisser guider par les événements, de laisser le destin décider pour eux.

C’est ainsi que lors de leur première promenade après avoir pris cette décision, Jason rencontrant dans la rue un militant écologiste vendant des arbres, décide qu’il s’agit d’un signe du destin.

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Sophie qui passait des heures, sur le canapé, à regarder en boucle des vidéos youtube de femmes se filmant en train de danser, décide de tourner sa vidéo.

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Mais comme Jason dans son nouveau travail, elle se lance dans ce projet avec maladresse et un certain dilettantisme.

Ils sont tous deux comme des enfants qui veulent être pompier un jour, vétérinaire le lendemain, sauver la planète, devenir une danseuse célèbre, ce ne sont pas des « do-ers  mais des rêveurs invétérés.

À travers leur parcours, on comprend que ce qui compte ce n’est pas tant ce que l’on fait mais ce qu’on pourrait faire, la liberté de faire, de rêver pouvoir devenir quelqu’un d’autre.

Sophie et Jason sont des enfants qui refusent de grandir et il faut reconnaitre que sans la fantaisie et la poésie de Miranda July, ce sujet aurait pu m’amuser 20mn et finir par me désintéresser.

Ce recit ponctué par les commentaires du chat enfermé dans sa cage dans la clinique vétérinaire, basculant subtilement dans le fantastique dans des scènes d’une grande poésie, m’a au contraire charmé et ému  de bout en bout.

Il y a de la fragilité et de la grâce chez Miranda July comme dans son cinéma. Cette femme d’apparence maladroite ose tout avec candeur et sincérité, emmenant le spectateur dans son univers si particulier auquel il est difficile de rester insensible.

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